jeudi, 17 avril 2008
Votre hommage à Aimé Césaire
Yves Jégo, Secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer, a souhaité ouvrir ce registre virtuel de condoléances afin de permettre à toutes celles et à tous ceux qui le souhaitent de rendre hommage à Aimé Césaire.
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Communiqué du Président de la République
J’apprends avec une très grande tristesse le décès d’Aimé Césaire. J’imagine le chagrin immense de toute la population martiniquaise, antillaise et ultramarine qui perd, aujourd’hui, l’un de ses pères spirituels. Mais, en vérité, c’est toute la nation française qui est en deuil.
Je veux saluer la mémoire d’un grand poète qui a acquis sa notoriété par la qualité de son écriture. On retiendra de lui qu’il est l’initiateur, avec Léopold Senghor, du concept de la Négritude. Ce fut un grand humaniste dans lequel se sont reconnus tous ceux qui ont lutté pour l’émancipation des peuples au XXème siècle.
Esprit libre et indépendant, il a incarné, sa vie durant, le combat pour la reconnaissance de son identité et la richesse de ses racines africaines. Par son appel universel au respect de la dignité humaine, à l’éveil et à la responsabilité, il restera un symbole d’espoir pour tous les peuples opprimés.
Je salue son engagement politique, sa longue carrière d’élu de la Martinique et de parlementaire de la Nation. Conscient des progrès que représentait la « départementalisation », il a su courageusement soutenir la loi de 1946 qui a mis fin aux colonies, sans pour autant rompre avec sa recherche identitaire qui constituait le cœur de sa vie.
Il restera pour nous tous l’une des figures les plus emblématiques de la classe politique de l’outre mer.
J’adresse, à l’ensemble de sa famille et à ses proches, mes condoléances les plus attristées et je tiens à lui rendre un hommage solennel au nom de la Nation et de tous les Français.
15:07 Lien permanent | Envoyer cette note
Communiqué du Premier Ministre
Le Premier ministre François FILLON exprime sa très vive émotion à l’annonce de la mort d’Aimé CÉSAIRE, représentant exceptionnel de l’engagement poétique et politique.
Proche d’André BRETON, le poète CÉSAIRE ne craignait ni la force des images, ni leurs ruptures. Il laissait naître de sa colère des chants puissants et durs. Il mettait ses mots au service de la lutte pour la dignité humaine, en particulier celle des peuples colonisés et humiliés.
Avec Léopold Sédar SENGHOR, il avait allumé la flamme fière de la Négritude et l’avait fait courir sur la plus grande partie du XXe siècle.
Dans son Cahier d’un retour au pays natal, Aimé CÉSAIRE promettait aux siens : « Et si je ne sais que parler, c’est pour vous que je parlerai. ». Il fut maire de Fort-de-France pendant plus d’un demi-siècle, et député de la Martinique pendant près de 50 ans. Les Martiniquais voyaient en lui un porte-parole d’une autorité et d’un charisme remarquables. A ce titre, il avait reçu le Premier ministre lors de son déplacement aux Antilles le 5 janvier 2008. Il lui avait alors exprimé sa confiance en plaidant pour son département, « symbole de la vieille France, de la vieille politique, de l'espérance et de l'avenir. »
Aimé CÉSAIRE avait, jusqu’à son dernier jour, tourné son regard vers les combats de demain. Le Premier ministre présente à ses enfants ses condoléances émues. Il associe à cet hommage les poètes d’expression française et leurs lecteurs, dans leur infinie diversité.
15:05 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Communiqué de Michèle Alliot-Marie
Michèle Alliot-Marie, Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des collectivités territoriales, a appris avec tristesse et émotion le décès d'Aimé Césaire.
Poète de la négritude, auteur inoubliable du Cahier d'un Retour au pays natal, Aimé Césaire fut le père de la littérature antillaise du XXe siècle.
Député et maire de Fort-de-France pendant près d'un demi-siècle, il fut un acteur incontournable de la vie politique antillaise et un véritable symbole de l'Outre-Mer.
La voix d'un sage s'éteint, et c'est une part de l'âme antillaise qui disparaît avec lui.
Aimé Césaire restera pour nous un homme d'exception, porteur des valeurs universelles de paix et d'humanisme. L’attachement que lui portent les Martiniquais, et au-delà l’ensemble des Français, en est le témoignage.
Michèle Alliot-Marie adresse ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches, et les assure de son soutien en ces instants douloureux.
15:03 Lien permanent | Envoyer cette note
Communiqué d'Yves Jégo
Avec la disparition d’Aimé Césaire, la France perd l’une de ses plus nobles consciences.
La nation salue le petit-fils d’instituteur, enfant de la République qui a su éclairer la face sombre de l’esclavage et du colonialisme.
La littérature pleure le fils d’une couturière qui, brodant avec ses mots, a magnifié la langue française. Dès 1938, avec sa première grande œuvre, « le cahier d’un retour au pays natal », Aimé Césaire découvre ce fil qui mène de Breton à du Bellay.
La République rend hommage à l'ardent défenseur de la départementalisation de la Martinique pour qui la vraie liberté a toujours résidé dans l'affirmation d'une appartenance pleine, fière et entière à la France.
Aimé Césaire, dont l’histoire ne peut se détacher de sa ville Fort-de-France, fut, sa vie durant, un homme de combat, en politique comme en littérature. « Je suis de la race de ceux qu'on opprime », proclamait-il.
Yves Jégo salue l’humaniste de ce vingtième siècle qui s’éteint avec lui.
Qui était Aimé Césaire?, demanderont demain les écoliers. Une voix leur répondra en lui appliquant cette belle phrase par laquelle il décrivit Victor Schoelcher : Aimé Césaire était l'« un de ces grands honnêtes hommes que l'on rencontre de loin en loin dans les allées de l'histoire ».
14:58 Lien permanent | Envoyer cette note

